mardi 14 juin 2011

Comme la grotte se déguisait, mon garçon, mais tu sais que ces ornements n’y changeront rien.

Des pointes de pied frappaient les flaques d’eau laissées par une voûte de stalactites, pour les transformer en cerceaux, s’étendant au fil des secondes; des cerceaux de feu. Une fillette attirait mon regard. Dans ses yeux d’un vert de gris se dissolvaient des grains de véhémence, ne faisant qu’un avec le galop des vagues naissantes. Elle dansait, dansait entourée de ces flammes de saphir qu’elle domptait, oui, elle les avait repêchées ce matin de leur tombeau de verre. Sa robe légère papillonnait, rôdant autour de l’anonymat des autres ; leur existence prisonnière des bras de son manège, bercés par une musique étouffée que seule elle pouvait entendre. Cette fillette, elle ne fondra pas. 
Mais ce mirage s’évapora dès que la voix du Siffleur émana de l’entrée de la grotte.

- Ils te voient pas, t’entendent pas.

Erigés par elle-même et bâtis d’un argile vermillon fendillé au niveau de leurs articulations, ils se pensent vivants, mais ces flaques d’eau, ils ne les sentiront pas avant que leur mort ne prenne une forme de boue, le marais d’un trop plein d’espoir. Tu leur offres l’ivresse des nouveaux-nés, puis, sourd à leur silence, celui de ces poupées que l’on oublie de nourrir, les observes se liquéfier tour à tour. 

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